Le château a la particularité de désigner très tôt, une résidence seigneuriale ou princière rurale (située dans les campagnes) destinée à protéger le seigneur et sa famille en cas d’attaques ennemies et à matérialiser son autorité. Il se caractérise par sa taille ou son aspect monumental.
Les sites des châteaux médiévaux sont choisis pour protéger les axes de circulation :
Les voies du sel depuis les lieux de production (Montmorot, Salins-les-Bains pour le Jura, Ornans pour le Doubs) vers La Suisse ou Lyon,
La voie Besançon-Langres pour le château de Marnay dominant l'Ognon en Haute-Saône.
Les châteaux fortifiés occupent des promontoires difficiles d’accès.
1. Château de Joux (La Cluse-et-Mijoux, Doubs), photo A. Doire Bourgogne-Franche-Comté Tourisme
Comme ailleurs en France, le nombre de châteaux construits est considérable : plus de 1000 sites ont été recensés. Un quart d’entre eux conserve des vestiges accessibles. De nombreux châteaux endommagés ont été souvent réaménagés restaurés ou reconstruits ultérieurement, ce qui fait qu'ils sont constitués de bâtiments de différentes époques et que seuls les éléments tels que les donjons sont encore visibles aujourd'hui.
Le plan des châteaux dépendait de la configuration du terrain.
De façon générale on observe trois enceintes successives qui enserraient souvent un bourg, très tôt disparu, et presque toujours une basse-cour et le château proprement dit.
Les différents bâtiments, logis seigneurial et bâtiments de service à usages divers, s’organisaient autour d’une cour fermée.

7. Plan courant du château médiéval
Des traces de basse-cour circulaire ou quadrangulaire de cette époque ont été trouvées (en Haute-Saône : Amance, Apremont, Beaujeu, Chauvirey-le-Châtel, Conflans-sur-Lanterne, La Villeneuve, Marnay, Montbozon, Pesmes, Saint-Loup-sur-Semouse, Scey-sur-Saône, Seveux, Traves).
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Haute cour
Basse cour |
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| 8. Château d'Oricourt (70) : à gauche : plan enceintes des cours / à droite vue aérienne | |||
| Une double enceinte protège le château. La première enserre la basse cour (cour de ferme) et la seconde, la haute cour (cour d’habitation). Dans cette dernière, on y découvre un ensemble de bâtiments du XIIe et du XVe s., le puits, une citerne, la boulangerie, des caves. L’enceinte polygonale est flanquée de tours carrées et d’un logis accolé à la courtine.Le chemin de ronde est protégé par un parapet, percé de meurtrières. | |||
Les murailles, épaisses à la base de 2 ou 3 m, épousaient les contours du socle rocheux dont les falaises rendaient superflu tout autre dispositif défensif.
Il en fut ainsi entre autres à Abbans, Aisey-et-Richecourt, Amancey, Andelot, Arguel, Beaufort, Belvoir , Champlive (château de Vaite), Château-Chalon, Château-Vilain (château de Bourg-de-Sirod), la Châtelaine, Corveissiat (château de Conflans), Joux, Mirebel, Montbéliard, Montfaucon, Montferrand, Montjoie, Montrond, Neuchâtel-Urtières, Ray-sur-Saône, Scey-en-Varais, Trévoux et Vescles (château d’Oliferne).
Quelle que soit la structure du château, l’habitat était étroitement lié au système de défense, les logis étant aménagés dans l’une des tours d’angle, à peine plus importante que les autres et que la tradition a assimilé au donjon.
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| 9. A Marnay (70), le château est un polygone de 80 m environ dans sa plus grande dimension. Edifié à l'époque féodale (sans doute début XIIIe siècle), il est situé sur l'éperon rocheux qui domine la ville et l'Ognon | |
Il existe toutefois de véritables donjons, généralement solidaires de l’enceinte fortifiée que couronne un chemin de ronde. Ce sont des constructions massives, de plan carré ou rectangulaire, aux angles arrondis, auxquelles on accédait par une porte située au niveau du premier étage, le second étage étant consacré au logement du seigneur et le troisième, moins élevé, forme le chemin de ronde extérieur.
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| 10. Château du Pin (39), construit au XIIIe et agrandi au XVe siècle | |