A la fin du XIXème siècle, l’enseignement primaire obligatoire a entrainé la construction d’écoles ou mairies-écoles dans chaque commune.
L’enseignement supérieur se concentre dans les villes, où les lycées très académiques sont des enclaves favorisant la concentration des élèves : le bâtiment, accessible en un point, se compose de salles de classe neutres organisées autour d’une cour centrale.
La production d’établissements scolaires a été très importante au XXème siècle pour des raisons démographiques et politiques (allongement de la durée légale de la scolarité, ambition de porter 80% d’une classe d’âge au baccalauréat).
Durant ce siècle, l’évolution des méthodes pédagogiques, l’ouverture des établissements vers la ville, les théories hygiénistes, le développement de l’enseignement technique et professionnel, la généralisation de l’enseignement supérieur, la mixité, ont totalement bouleversé les cadres de l’éducation et ont nécessité une réponse architecturale nouvelle.
Le lycée Jean-Michel a fait l’objet de nombreuses rénovations et restructurations depuis sa création en lycée de jeunes filles en 1960, puis lycée d’état mixte et en 1974 renommé en l’honneur du médecin héros de la résistance jurassienne Jean Michel.
En 2001 est programmée une étude de faisabilité pour la réorganisation et la restructuration du lycée. Ces travaux se terminent en 2008 avec la transformation de l'accueil de l'établissement, plusieurs extensions et la construction d'un préau sur la cour.
La restructuration complète de l’internat a été ensuite menée et achevée en juillet 2014, avec la mise en conformité du bâtiment internat avec accessibilité handicapé et la mise aux normes « bâtiment basse consommation » (bardage et isolation thermique en façade, double ou triple vitrage).
Outre l’internat, les espaces salles de classe au premier étage, l’infirmerie, les logements de fonction et le foyer élèves ont fait l’objet d’une rénovation.
Description architecturale :
Réparti sur deux parcelles contigües avec accès principal sur la rue Jean Michel, le lycée, largement rénové, a conservé l'implantation initiale des bâtiments qui s'organisent autour d''une cour, arborée sur son pourtour. L'externat, l'internat, le gymnase, l'administration ainsi que le bâtiment de l'ancien institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) possèdent la même structure de béton armé pour les élévations principales et de moellon calcaire sur les façades latérales.
La façade sur rue de l'externat a profondément changé. L'entrée agrandie sur la cour d'honneur se matérialise par une grande verrière rythmée par des verres de couleur tandis que le hall d'accueil devenu traversant mène directement à la cour.
La sculpture qui se trouve au centre est issue de la 1ère période de construction et a été réalisée au titre du 1% artistique.
Les toits à deux pans avec croupe de l'internat et de l'externat, supportés par une charpente en sapin, sont couverts de zinc. Une galerie au toit végétalisé relie ces bâtiments. Quant à l'administration et au gymnase, leur toiture en tôle nervurée est constituée d'un seul pan. Les préfabriqués, conservés en fond de cour, possèdent une structure en bois.
Grâce aux différentes transformations, l'établissement accède à plus de fonctionnalité. Une liaison permet aux élèves de rejoindre l'externat et l'internat sans passer par l'extérieur. Le rez-de-chaussée de cette extension constitue un hall qui accueille le foyer des élèves ainsi que le passage menant aux ateliers des agents, agrandis lors de la restructuration. Un grand préau, formant un auvent sur les façades postérieures de l'externat et de l'internat, permet d'abriter les allées et venues entre les deux édifices. Une extension, visible sur la façade antérieure de l'internat, a permis de construire des cuisines aux normes.
Le terrain de sport a également été remanié pour faire place à une piste d'athlétisme et des terrains de basket.
A travers ces réorganisations, les espaces de vie des élèves ont pris de l'ampleur. Le parti pris de couleurs pour les circulations intérieures donne vie à cette architecture standardisée. Un recours systématique à la lumière naturelle dans les espaces de jonctions entre bâtiments, galeries ouvertes ou fermées, cages, en utilisant des matériaux composites translucides a été mis en oeuvre.
(source : Patrimoine en Bourgogne-Franche-Comté : Dossier d’inventaire n° IA39002013 réalisé en 2011 : Auteur(s) : Séverine Pégeot, Elizabeth Pastwa )