Cette maison paysanne est la plus répandue en Franche-Comté. Elle se caractérise par trois travées perpendiculaires au mur gouttereau, lisibles en façade par la typologie des ouvertures : la porte et les fenêtres d’habitation, la porte de grange et la porte d’écurie. Le volume, de base rectangulaire, n'est ni évidé, ni agrémenté d'ajouts.
La toiture est de type long pan, parfois avec croupe ou demi-croupe, couvre l’ensemble des trois travées, et présente une forte pente : 70 à 100 %, soit 35 à 45°. Ces toitures varient selon les endroits, mais dans la plupart des cas, un village aura toutes les mêmes toitures. La toiture en croupe ou en demi-croupe est favorisée dans les régions où la bise souffle. On présente la croupe ou le pignon à la bise, pour éviter des décollements de toitures. Dans le cas d'un village en bande, la stratégie est reprise à l'échelle urbaine, seules les maisons en bout de rue auront ce dispositif.
Selon les régions, les débords de toiture peuvent être nuls ou quasi-nuls en façade (de 0 à 80 centimètres), et encore moins sur les pignons. Lorsqu'il y a débord de toiture, dans le cas d'un long-pan ou d'une demi-croupe, celui-ci se fera le long du mur gouttereau, soit uniquement en façade principale, soit le long des deux façades. Ces débords peuvent être sur console ou sur poteau (voir les schémas ci-après). Parfois, les consoles en bois peuvent êtres sculptées.
Dans le cas général, le débord de toiture est le prolongement du toit, il suit la même pente. Mais on peut aussi trouver un coyau, qui est une avancée de toiture en rupture avec la pente, celle-ci y sera moins forte (voir Déclinaisaisons départementales : Jura : la ferme bressane).
Souvent, l'avancée de toiture ne se fait que sur la partie agricole, marquant une séparation avec la partie habitat en façade (voir texte général, en savoir plus).
Le matériau de couverture est principalement la tuile, en tout cas de nos jours. Jusqu'au XIXème siècle, on trouvait encore des toits en laves, qui sont des pierres de fine épaisseur, ou en chaume.
Cartes d'évolution des couvertures en Franche-Comté
(source Musée des maisons comtoises, à Nancray, Doubs)
On trouve plusieurs types de tuiles. Avant la révolution industrielle, elles étaient fabriquées localement à proximité des gisements d'argile. Les tuiles anciennes sont appelées petites tuiles, car les plus récentes sont de taille plus importantes. Ces tuiles sont complètement plates, en dehors de leur accroche. On trouve aussi un grand nombre de tuiles mécaniques, plus épaisses et ondulées. Il existe aussi des régions où l'on trouve de la tuile canal, pourtant caractéristique du Sud de la France : dans le Sud de la Petite Montagne dans le Jura, et dans le Pays d'Amance en Haute-Saône.
Toits pour la Franche-Comté (source DRAE Franche-Comté)
Illustration 20. Quelques couvertures de Franche-Comté : laves (église de Charcier, Jura), tuiles canal (Senaud, Jura), grandes tuiles (Commenailles, Jura), petites tuiles (Le Colombier, Chapelle-Voland, Jura), tuiles mécaniques à losanges (Relans, Jura), écailles de Bourgogne (Commenailles, Jura), photographies de Juillet 2012, CAUE39.
Il n'est pas rare de trouver des épis de faîtage, éléments verticaux en pointe, en terre cuite, et donc de même couleur que les tuiles, posés sur le faîtage, souvent à la noue d'une croupe.
Illustration 21. L'épi le plus rencontré, lieu-dit de l'Argillois, Commenailles, Bresse Jurassienne, Jura.
Dans le bâti en bande, on peut trouver des "pas-de-moineaux" ou "redents", qui forment une sorte d'escalier sur la toiture. Plusieurs hypothèses expliquent leur présence. Ils se pourraient qu'ils servent à un meilleur accès au toit lors d'une réparation, ou qu'ils servent de mur haut empêchant le feu de passer d'une charpente à l'autre, ou bien les deux à la fois.
Illustration 22. Maison à pas-de-moineaux, Maynal, Jura.
L'unité paysagère de la Petite Montagne se caractérise par une succession rapide de
vallées et coteaux orientés nord/sud. C'est la pente des toits qui opére une différence entre le Sud et le Nord.
Implantation du bâti
Les fermes suivent l'orientation de la vallée, toujours regroupées en bandes, dans des villages très denses. Elles se situent en bordure de rue.
Volumétrie générale
Exploitant un terroir pauvre, elles présentent des volumes réduits, trois travées peu profondes et un logement en rez-de-chaussée composé de deux pièces en enfilade. Les plus modestes n'ont que deux travées. le logement et la grange, l'écurie abritant quelques animaux est aménagée au fond de l'allée de grange.
Toiture
La petite Montagne est coupée en deux à la hauteur de Gigny-sur-Suran et d'Arinthod.
Au nord, la pente de toit est de l'ordre de 70%, les toitures sont à deux pans (voir l'onglet "Toitures"), parfois à demi-croupes sur les fermes en bout de bande ; la couverture est assurée par des tuiles plates, rouge ou rouge-brun.
Au sud, la pente est plus faible, de l'ordre de 50%, et les toits sont systématiquement à deux pans ; la couverture est en tuiles canal, rouge ou rouge-brun.
Abords et annexes
La cour, à l'avant de la ferme est peu profonde, ouverte et peut être considérée comme un trottoir ou une aisance.
Les sables locaux manquant de fines, la Petite Montagne est la seule région jurassienne à posséder des enduits rosés, car mélangés à des tuiles en argile pilées. Les pierres sont jaune-doré et apparaissent dans les encadrements.
Matériaux, textures et couleurs
La couleur jaune doré des pierres, au sud du secteur, apparait dans les encadrements des baies.
Les sables locaux manquant de fines, la petite Montagne est la seule région jurassienne à posséder des enduits rosés, car mélangés à des tuiles en argile pilées.