L’architecture devait aussi résoudre des problèmes techniques, s’affranchissant de plus en plus de la fonction au profit de la forme des bâtiments. Ce n’est plus la technique qui conditionne la forme des bâtiment mais un souci esthétique d’ensemble.
En effet, la recherche d’une cohérence architecturale entre les différents bâtiments était quelquefois recherchée.
Une grande unité pouvait se dégager des ensembles grâce, par exemple, à une même forme de baie …
L'exemple du Grand Valay (70)

Le mimétisme entre la maison de maître de forges construite au XVIIème siècle et le corps supérieur du bâtiment du haut fourneau lui faisant face et rebâti dans la première moitié du XIXème siècle : visuellement il offre un même volume, une même forme, une même toiture à croupes.
Dans d'autres cas, le contraste entre le logement du maître de forges et le reste du site marque sa position d'autorité.
L'exemple de Baignes (70)

Les forges de Baignes ont été construites à la fin du XVIIIème siècle - début XIXème à l’instigation du propriétaire, Jean-François Rochet.
Le magasin en quart de cercle, les logements ouvriers, le pigeonnier… sont construits en moellon et pierre de taille calcaire dont les chaînes d'angle et des encadrements en bossage rustique donnent une grande unité à l’ensemble.
La maison du patron se distingue par une construction en moellon de calcaire enduit. Il comprend un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré. Son toit à croupes en ardoise et celui de la salle des machines se répondent, également couverte d'un toit à croupes en ardoise, leur donnant une position prédominante au sein de l’ensemble.
Le logement du maître de Forges peut marquer sa position sociale par une construction inspirée des châteaux de plaisance.
L'exemple de Aillevillers (70)
Logement patronal dit de la « grande Chaudeau » édifié vers 1809 pour la famille des maîtres de forges de Buyer, oeuvre de l’architecte, Claude Antoine Colombot.
C’est un très bel exemple d’architecture néoclassique.
Les façades jugées nobles, orientées Sud et Est, sont appareillées en pierre de taille de grès. Pourvue d’un toit à croupes couvert en ardoise, la demeure comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage attique. La façade antérieure, à cinq travées, est sommée d’un fronton curviligne, alors que les façades latérales sont surmontées d’un fronton triangulaire.
Evolution de la position du logement :
L'exemple des forges de Pesmes (70)
La maison du maître de forges, de plan en U, est située dans un très bel ensemble.
La façade principale du logement fait face aux bâtiments de production, dominant les logements ouvriers ; la façade postérieure donnait sur un jardin d’agrément.
L'exemple des forges de Syam (39)
Construction 2 demeures patronales :
- L’ancien château faisant partie d’un ensemble de transformation des métaux dit "ensemble des forges de Syam" construit près de la forge primitive.
- La villa de Syam édifiée entre 1826 et 1828 largement inspirée des villas vénitiennes d'Andrea Palladio voulue par le maître de forges Emmanuel Jobez et réalisée par l’architecte Champonnois l’aîné.
Il s’agit d’une surprenante demeure carrée à la façade ocre décorée de pilastre à chaque angle et centrée sur une galerie de colonnes dite "péristyle".
Étienne Jobez voulut éloigner sa nouvelle demeure des ateliers et construire la villa au milieu d'un parc.

Cet exemple montre une évolution radicale de la conception de la maison des maîtres de forges :
Au XVIIIème siècle période des utopies inspirées des théories « paternaliste », la proximité de la demeure patronale permet de placer les logements des ouvriers sous son contrôle.
Les demeures du XIXème siècle, inspirées des voyages, de l’architecture des châteaux de plaisance s’éloignent du centre de production pour devenir maisons d’agrément… marquant l’apogée de la métallurgie en Franche-Comté.